La gare de Sourbrodt

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                                                La Vennbahn : les cantons d'Eupen, Malmedy, Sankt-Vith faisaient partie avant le premier conflit mondial de l'Empire allemand. Ce fut donc intégralement sur leur territoire que fut construite par les chemins de fer prussiens un axe devant relier les bassins d'Aachen et de Stolberg au Grand-Duché de Luxembourg et la vallée de la Moselle. Mis en service en 1885, les deux branches venant d'Aachen d'une part, Stolberg de l'autre, convergeaient à Walheim, faisaient correspondance vers Eupen à Raeren, traversaient la Hertogenwald avant de desservir Roetgen et Monschau (superbe cité incontournable), puis Sourbrodt, Weywertz (correspondance vers Malmedy), Amel, Sankt-Vith, Reuland et Troisvierges, où elle se connectait à la ligne actuelle Liège - Luxembourg.

Le trafic fut assez intensif à cette période sur cet axe, et ça se comprend, vu les régions que cet axe relie. La voie fut donc assez rapidement doublée au début du XXème siècle et un endroit comme Sankt-Vith se vit doter d'une gare de triage d'une ampleur assez vaste. De plus, la position stratégique de la ligne n'échappa pas au pouvoir Allemand (proximité du camp d'Elsenborn) et la ligne se vit doter de plusieurs axes de connexion à vocation militaire (Jünkerath fut reliée à Weywertz en 1912, ensuite, pendant la Première Guerre mondiale, pas moins de 3 lignes vinrent relier cet axe à la ligne Liège - Luxembourg (de Malmedy vers Trois-Ponts, de Born vers Vielsalm, de Sankt-Vith vers Gouvy).

Au lendemain de la guerre, les Cantons d'Eupen, Malmedy, Sankt Vith devinrent belges, ainsi que toutes les voies ferrées s'y trouvant. La Vennbahn recoupant la frontière à différents endroits fut elle aussi cédée aux Belges. La ligne avait donc la particularité d'être une bande de territoire belge au milieu de l'Allemagne. Intéressant à noter : le trafic continua à fonctionner en roulant à droite, comme en Allemagne, jusqu'au démontage de la deuxième voie dans les années 1930. Le fait que la ligne devint belge et la fin de l'union douanière entre l'Allemagne et le Grand-Duché du Luxembourg entraîna une diminution intense du trafic sur cet axe. La ligne n'était plus que l'ombre de ce qu'elle fut au début du siècle à la veille du second conflit mondial.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, avec l'invasion allemande, les Cantons rédimés sont réannexés par l'Allemagne et le patrimoine ferroviaire de la région intègre la Reichsbahn. Axe stratégiquement important, il fut maintes fois bombardé (la gare de Sankt-Vith, véritable joyau elle aussi, fut victime d'un de ces bombardements en 1944 et ne sera jamais reconstruite). Ce fut donc un axe fortement endommagé que la SNCB récupéra au lendemain de la Guerre.

Mais l'avenir ne se montrait pas rose pour cet axe. L'avenir, dans les années 1950, c'était la route. Les différents embranchements fermèrent les uns après les autres pour être complètement fermé au transport de voyageurs en 1959. Le transport de marchandises fut encore maintenu une vingtaine d'années avant de disparaitre complètement, sur la Vennbahn, en 1989. La section entre Raeren et Waimes accueillit ensuite, entre 1990 et 2002, par le chemin de fer touristique de la Vennbahn. Depuis, seule la desserte du camp d'Elsenborn permit encore une desserte ferroviaire, qui fut interrompue en 2004. De nos jours, il ne reste plus qu'une exploitation en draisines entre Sourbrodt et Kalterherberg.

Les bâtiments des gares qui parsemaient la ligne étaient d'un style flamboyant. La gare de Montjoie, à 2 kilomètres du coeur de cette splendide cité, était une merveille. La gare de Sankt-Vith fut primée parmi les plus belles gares d'Europe dans les années 1930. La gare de Sourbrodt demeure un témoignage vivace de cette splendeur, en plus que de se trouver sur un site ferroviaire encore joliment préservé, même s'il ne voit plus passer de convoi.

Vu que le site était encore desservi pour le camp d'Elsenborn après sa fermeture, le site a su conserver sa splendeur, ainsi que le bâtment des voyageurs. Actuellement, il est attenant à un marchand de bois et, même s'il a perdu de sa superbe, on reconnait bien sa vocation précédente.

 

Les signaux de la gare sont encore tous présents et bien fonctionnels, ils semblent bien seuls face à cette couche de neige qui a complètement recouvert l'assiette de la voie.

 

 Voilà le poste de block de la gare de Sourbrodt, côté Monschau. N'a plus l'air très utilisé.

 

La voie vers Monschau. Une commande d'aiguillage et quelques funiculaires sont encore bien apparents, malgré la couche de neige.

 

 La voie vers Weywertz. Les poteaux télégraphiques sont encore tous alignés fièrement comme si un convoi sillonnait encore cet axe au quotidien. Eux aussi semblent bien seuls face à cette mer de neige recouvrant la voie.

 

Le bâtiment de la gare de son côté le moins connu : côté rue. Ici, on peut juger son état, et espérer qu'il retrouve un jour toute sa splendeur. Au pied de ce bâtiment, un arrêt de bus, celui des lignes de substitution du trafic ferré.